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Raconter le combat, 
raconter la vie…

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Crédit photo : Amanda Panciatici Photographe 

Je voulais revenir sur un combat, encore un, qui s’est déroulé le 23 juin 2018, à Trets, au désormais incontournable Gala du Phénix. Pas celui de d’un puissant frappeur, d’un virtuose, pas celui d’une vedette ou de la coqueluche d’une région. Non, je parle de celui d’un homme simple qui a choisit de revenir un soir, refaire les gestes du combat. Celui de Laurent Carrere (France) face à Daniel Guercioiu (Italie) en Muaythaï.
Le retour sur les rings de Laurent, engagé dans la formation et le suivi de combattants qui se destinent à enseigner aux autres, a surpris nombre de ses amis, agréablement.

Raconter le combat, 
raconter la vie…

On a senti que l’homme n’avait pas terminé une chose et qu’il avait besoin de revenir entre les cordes raconter une histoire. D’abord à lui-même, et puis aussi aux autres, à ceux qui seraient peut-être attentifs dans cet après midi chaud et pluvieux de juin. Et cette histoire silencieuse a captivé nombre d’entre nous, dans une ambiance qui était électrique.
Il ne ne s’agissait pas de parler. Juste de raconter l’esprit d’une passion et d’un savoir-être, sans bruit, sans mot, sans grandes phrases. Raconter ce dont il parle aux autres en se remettant lui-même en jeu. Pour être plus juste, plus précis, plus légitime. Comme un auteur citerait un texte en cherchant à mettre le ton et à capter la gravité du fond. Laurent, ce jour là, est un combattant. Nul doute. Mais il est aussi l’interprète d’une passion qui se vit essentiellement avec le partage du risque, de la douleur et de la blessure toujours possible, avec en face, un adversaire qui raconterait aussi sa propre histoire.
Cette rencontre m’a laissé un souvenir particulier. Je ne l’ai captée que par instant, occupé par ailleurs que j’étais à la préparation d’une autre. J’ai vu le regard apaisé, des vestiaires au ring. Le regard de celui qui voit venir à lui les frappes et les saisies douloureuses et qui leur sourit. Comme un bienheureux. Comme celui qui reçoit une bénédiction. Et qui dit merci.
Je ne crois pas que beaucoup de spectateurs dans la salle comble ce jour là se sont vraiment souciés du résultat de ce combat. Je crois, que beaucoup, comme moi, se sont davantage souciés du plaisir que ce combattant allait prendre et pouvoir donner sur le ring. Que tu sois à la hauteur Laurent, de ce dont tu étais venu parler, avec des gestes épurés durant des années sur un sac, dans un coin de garage. On a senti que celui qui a eu, un temps, l’envie de revenir sur ce chemin à parcourir, devait le faire le mieux possible. Pour être au plus juste de ce qu’il est, au plus juste de ce qu’il veut être et au plus juste de ce qui veut offrir.

Ce n’est pas donné Laurent de raconter une passion, un mode de vie, de parler de valeurs que peu de gens dans la vie peuvent comprendre. C’est ce que tu as voulu faire, en tout cas, c’est ce que j’ai compris de ton courageux engagement. Pourquoi on se met face à face et pourquoi on accepte de donner et de prendre des coups. Pourquoi on accepte, alors qu’il serait facile de rester chez soi, au chaud devant la télé, de passer les quatre cordes et de supporter la douleur, le manque d’oxygène, le souffle court, et les contractions puissantes de nos muscles. Accepter le regard des autres avec le risque de ne pas être celui à qui on lève le bras, de ne pas être celui qui gagne. Le gagnant, tu sais, le sacralisé de ce monde…

Alors pourquoi ?

Je crois Laurent que tu es venu ce jour là nous parler de cette vie que l’on touche, dans le carré magique. Que ce soit sous les projeteurs ou dans le coin sombre d’une salle de boxe. Celle de ceux qui serrent les dents, celle de ceux à qui rien n’est donné et qui ne sont pas nés sous une bonne étoile. Tu es venu nous parler de la volonté, de celle qui ne fait rien lâcher, qui nous pousse à donner le meilleur quand il serait si facile de se laisser glisser. Tu nous as parlé aussi de cette vie rêvée, cette vie où on ne jugerait personne, où on n’apprécierait juste la valeur d’une femme ou d’un homme à sa seule capacité à accepter le risque et qui, juste pour cela, se remet entièrement, et chaque jour, en question. Tu nous as parlé du ring dans lequel on rentre, là haut, entre les cordes. De ce monde où ta valeur seule te permet d’avancer, sans les compromissions, les louvoiements et les avalements de couleuvres que nombre d’entre nous acceptent pour vivre. Tu nous as parlé de cette flamme héroïque que l’on doit choyer et qui est tapie profondément en nous. Qu’il faut la ménager, l’entretenir, lui parler et la faire briller parfois, comme tu l’as fait ce soir. Parce que c’est ça aussi être humain. C’est la capacité de se lever, de se mettre en face d’une difficulté et de l’affronter crânement, avec les seules armes que l’on possède et sa seule volonté. Se dire que le jeu en vaut la chandelle même si la fin n’est pas toujours celle que l’on espère. Parce que le chemin sera forcément beau. Même s’il est dur.

Ce n’est pas donné d’être courageux Laurent. Et je sais que ce jour là, tu n’es pas venu nous parler seulement du seul courage de ceux qui passent les cordes. Tu nous as aussi parlé du courage des autres. De ceux qui n’ont pas eu la belle vie, de ceux qui ont perdu des proches et qui cherchent à se relever, de ceux qui affrontent la maladie, de ceux qui regardent les leurs dans le besoin et qui serrent les dents pour apporter chaque jour le pain sur la table du salon.
Moi, j’ai compris que tu nous parlais de tout ça.
Je me trompe peut-être.
Mais je ne le crois pas.
Je ne le crois pas.
Merci.

Franck Martini

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L’armada des français à la World Muaythai Council

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Ils sont en nombre les français à être champion ou avoir été champion WMC (ndlr : World Muaythai Council). Les nakmuays tricolores apprécient la reconnaissance de cette fédération par les instances thaïlandaises. La France est même classée numéro 2 des pays les plus titrés.

Ce qui séduit c’est la difficulté a être champion WMC. Il n’y a pas de passe droit et même si la part faite aux boxeurs thaïlandais est belle, il faut un parcours logique pour prétendre à un titre mondial. A titre d’exemple, il est impossible de faire un championnat d’Europe si vous n’avez pas été champion de France. Les candidats sont scrupuleusement étudiés avant d’avoir l’aval des instances mondiales. Cette rigueur fait du bien, elle redonne une certaine légitimité aux ceintures.


La France est classée numéro 2 avec 3 champions du Monde. C’est la Thaïlande avec 6 titres mondiaux tous sexes confondus qui tient la 1ère place.


Pascal Arène représentant français de la WMC est devenu un véritable trait d’union entre la Thaïlande et la France pour la World Muaythai Council. Il suit les règles strictes de la fédération avec un certains succès il est vrai. Il faut rappeler qu’en France, la WMC est la seule a pouvoir sanctionné des combats avec titres internationaux pros dans les règles du muay thai. Avant lui, force est d’admettre que la France n’avait pas de vraie reconnaissance auprès des instances mondiales WMC. Il s’appuie sur son équipe composée de Sidy Kone et Xavier Lafaye qui sont de véritables relais d’informations mais également de fonctionnement aux quatre coins de France.

L’effet est un nivellement par le haut car tous les challengers ne sortent pas vainqueur de leur combat pour une couronne. Sofiane Meddar, Reda Oudgou, Thimothée Vandenouc, Samuel Andoche, Johny Tancray et même Yohan Lidon ont connu l’affre du revers. Cette présence d’une véritable armada française s’explique par le niveau des combattants français. Le travail effectué dans les salles françaises est bon ! Il permet de rivaliser avec les meilleurs mondiaux sans faire aucun complexe. Les français ont clairement franchi un cap pour la bonne cause.


Des noms sont ou ont été champion WMC et parmi eux les plus illustres. Damien Alamos et Jimmy Vienot ont pour particularité d’avoir pris le titre WMC et la ceinture du Lumpinee.


Si le Covid a stoppé l’activité, le dernier français a avoir combattu pour une ceinture WMC, c’est Matthieu Guevara. Il a défendu sa couronne européenne en avril dernier en Italie. Myriam Djedidi se distingue avec deux ceintures dans deux catégories différentes (voir ci-dessous). Aux champions, il faut ajouter les nakmuays qui apparaissent dans le ranking : Rafi Bohic, Samy Sana, Amine Kebir sont de ceux-là. Tout le monde attend désormais un retour sur le ring pour qui sait, élargir encore cette armada déjà bien fournie.

Les français qui détiennent ou ont détenu une ceinture WMC

  • Super middleweight – Yohan Lidon (Champion du Monde)
  • Middleweight – Jimmy Vienot (Champion du Monde)
  • Welterweight – Bobo Sacko (Champion du Monde)
  • Super lightweight – Damien  Alamos (Champion du Monde)
  • Lightweight – Charles François (Champion du Monde)
  • Welterweight – Giovanni Boyer (Champion intercontinental)
  • Middleweight – Gaétan Dambo (Champion d’Europe)
  • Welterweight – Thibault Arias (Champion d’Europe)
  • Super lightweight – Mathieu Guevara (Champion d’Europe)
  • Lightweight – Yassine Hamlaoui (Champion d’Europe)
  • Super Featherweight – Georges Gauthière (Champion d’Europe)
  • Bantamweight – Lizzie Largilière (Championne du Monde)
  • Super Flyweight – Myriam Djedidi (Championne intercontinental)
  • Lightweight – Jennifer Colomb (Championne d’Europe)
  • Bantamweight – Myriam Djedidi (Championne d’Europe)
  • Mini Flyweight – Fanny Ramos (Championne d’Europe)
  • Super lightweight – Saïd Amran vainqueur du challenge international WMC
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Glory 77 : des décisions qui font débats !

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Comment Artem Vakhitov et Donegi Abena ont-ils pu être déclaré perdant ? Comment a-t-on pu retirer le titre de champion des light heavyweight du premier nommé ? Comment a-t-on pu freiner l’ascension du second qui avait pris les 2 premières reprises pour les juges du Glory. Ces deux décisions sont clairement controversées et n’ont pas d’explications valables.

Alex Pereira était le premier surpris quand l’arbitre lui a levé le bras. Dangereux avec ses genoux, ses circulaires puissants, il a souvent rencontré les gants de Vakhitov qui lui est monté crescendo au fil des rounds. La précision en anglaise (ndlr : poing) et ses low kick auraient dû donner le verdict au russe. Il faut comprendre que les juges l’ont vu perdre la troisième reprise qu’il a pourtant dominé. Luis Tavares également a été presque étonné même si il avait lever les bras au coup de gong final. Donegi Abena a livré le match qu’il fallait, se montrant pondéré et plus précis (Tavares a raté ses 4 coups de pied retourné au corps). Le comble c’est que les juges donnent les 2 premières reprises à Abena et il perd quand même le combat.

Le Glory n’en sort pas grandi, loin de là ! Il n’y a aucun logique dans ce qui a été annoncé sur ces deux matchs. L’ultra-communication autour des Pereira (Aline disputait un title shot face à Tiffany Van Soest qui a dominé de la tête et des épaules un débat à sens unique) tend à penser que l’organisation lorgne vers le Brésil pour d’éventuels événements et pour cela il faut des brésiliens en haut de l’affiche. Pour Abena, il n’y a pas d’explication si ce n’est un vol manifeste. Il faut noter qu’après ce match, la diffusion du scorring des juges a été stoppé ! Ce n’est pas avec ce genre d’attitude que seront levées certaines suspicions. Comment peut-on perdre un combat de trois rounds quand on a remporté les deux premiers ? Vous avez deux heures pour répondre à ce problème !

Plus sérieusement, le Glory montre des signes inquiétants ! La programmation est loin d’avoir tenu ses promesses. Le match des super bantamweight n’avait pas de raison d’être, le tournoi a clairement été monté autour de Rico Verhoeven avec 4 hollandais dans dans le quatuor. Et puis sont venus s’ajouter ces verdicts à l’envers qui jettent le doute sur la crédibilité du circuit. Même le déroulement de la soirée prête débat. Elle a été étendue sur 4 heures avec une multitude de diffusions de trailers et autres interviews qui ont allongé au-delà du raisonnable les séquences entre combat.

Le bilan est clairement moyen pour ce 77ème opus qui n’a pas été épargné par le Covid, il faut le rappeler. Néanmoins, le Glory avait habitué les fans à mieux et il va falloir se servir de cette soirée pour rectifier le tir et corriger ce qui ne vas pas. Sinon, le public pourrait bien prendre la poudre d’escampette et regarder ailleurs si l’herbe est plus verte !

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