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«Paroles de…nakmuay» (Episode 3) Portrait de Gafary Boussari

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Par Luxo 

Photos Yann LEVY, droits réservés

Autant le dire clairement, il y a des interviews qui font plaisir, celles que l’on met du temps à négocier alors que l’on sait le vécu et le savoir faire du concerné ! En voici une, avec un personnage reconnu mais très discret du MuayThaï français, dont la devise pourrait être « Pour vivre heureux, vivons cachés »…

Ancien compétiteur de haut niveau, il fut un redoutable « fimeu », qui réfléchissait sur un ring et prévoyait tous les schémas tactiques en tant que combattant. Il n’en dirait rien lui-même, donc un petit listing pour les anciens que cela intéresse : Champion de France 2001 classe C, Champion de France 2003 classe B, Ceinture de Champion d’Europe classe A Professionnel ISKA (face à Mohamed Rahaoui), Champion de France 2007 classe A, le garçon sait « un peu » de quoi il parle… En faisant de ce qu’on appelait « Boxe Thaï » son métier, il a entretenu sa passion au fil des ans avec du style, une certaine éthique et un goût prononcé pour ce que l’on ne doit qu’à soi…Loin des petites batailles fédérales, il conduit l’une des meilleures écoles de muaythaï en Sud Ouest et revient sur son parcours pour LES INFOS DU FIGHT.  Si Gafary n’est pas un conteur d’histoires, j’espère que son récit de 15 ans de route au sein du MuayThaï français saura vous séduire !

Crédit photo Yann Lévy

Salut Gafary et merci pour cette interview !  Comment as-tu construit tes premiers pas dans ce sport ? Peux-tu décrire tes premiers pas dans les sports de combats ?

Cela doit remonter à l’année 1994 je pense, je n’avais aucune autre prétention que celle de suivre mes potes, et je voulais arrêter le football car patauger au mois de Février dans la boue, ça commençait à me fatiguer ! Nous étions alors un petit groupe d’amis et à l’époque, nous étions dingues de rap, de DJ, de break dance, de graffiti, de beatboxing…. De vrais passionnés de Hip Hop, tu le vois ! Et je dis souvent que nous aimions rajouter le sport de combat comme « 6ème discipline du Hip Hop ». Nous étions alors très liés à Jean Carrillo, un entraineur pionnier en région toulousaine, qui a formé certains d’entre nous. C’était les prémices des combats à l’encadrement sportif et médical disons « sommaire »… Nous étions alors dans une pratique d’un Kick Boxing un peu amélioré, mais j’adorais cela et je pratiquais alors sans trop me prendre la tête ! Mes potes étaient quant à eux de vrais artistes du graffiti, dont certains au sein de la Truskool ont fait et continuent une belle carrière ! Aussi, pour ma part, j’ai peu à peu réalisé que j’avais peut être trouvé un secteur où je pourrais briller…Mon approche était assez classique, je boxais et si cela marchait, je continuais l’année suivante. La salle du Royal Boxing permet aux combattants d’endosser le rôle de professeur, comme Pascal Castet, combattant classe « A » en -75 kg, ici à gauche sur la photo

A partir de quel moment t’intéresses-tu à la Boxe Thaïlandaise ?

En Kick Boxing, cela a plutôt bien fonctionné. Après le départ de Jean Carrillo de TOULOUSE, j’ai suivi mes amis Freddy, un garçon doué en kick boxing et d’autres potes (les frères Bastie, Mourad Righi, David Rogelet…), dans un club qui a alors fait venir Veera Chalunlap à Toulouse. Cela devait être en 2000 et les locaux étaient sympas, on formait une belle équipe autour de ce grand nakmuay, qui a été dans le top 3 des Stadiums de Bangkok ! On était déjà installés dans le quartier Saint Cyprien, où je vis et enseigne encore aujourd’hui. Là, j’ai découvert l’étendu du muaythaï et sa palette technique, j’ai alors décidé de me donner à fond et de ne me consacrer qu’à cette pratique. J’ai essayé de développer un style propre, technique, où les genoux et le clinch avaient une grande part.

De ton parcours de combattant, que doit-on retenir ?

Moi je retiens surtout l’exigence des séances que nous nous imposions, on s’entrainait de façon régulière et sérieuse, un peu «  à la thaï ». J’ai mis à profit mes voyages en Thaïlande pour observer et conserver ce qui me paraissait pertinent. Sur l’exigence, pour franchir des étapes dans une formation, j’ai surtout compris qu’il ne fallait pas brûler les étapes, cela m’a servi à l’époque puis dans mon métier d’éducateur sportif, on en reparlera … Sur mes combats, ce n’est pas à moi d’en parler, mais les combats en Belgique contre des hommes de valeur m’ont marqué ! J’ai beaucoup de respect pour le très dur Mohamed Rahaoui, que j ‘ai boxé et battu mais qui était un des grands espoirs belges et était reconnu comme un grand combattant. Sinon mes combats contre Kamel Hachmi (la « foudre » de Moucron), Willy Borrel, Mickael Piscitello, Adel Louail, Kadda Redouani, Ilya Grad, Karim Bezzouh, ce sont tous de bons souvenirs…au delà de la victoire ou de la défaite!

Par la suite, au contact d’une équipe de passionnés, tu participes à ce qui reste encore ton team aujourd’hui, peux tu nous en parler ?

Cela reste une grande aventure humaine, où des personnes ont donné de leur temps avec l’idée de former des combattants typiquement « muaythaï », même si nous n’étions pas fermés à la pratique ponctuelle d’autres disciplines. Il sera dur de tous les citer mais Olivier Ok, Sana, Philippe Baudron, Mourad Righi, Kada Bouamama, les frères Bastie, Pascal Castet (qui continue à boxer et enseigner au club), Boubacar Saouwera… Nous avons ouvert un club qui accueille en moyenne 300 licenciés par an, et nous formons des jeunes athlètes en étant attentifs à ce qu’ils sont humainement et professionnellement.

Ci-dessus :    Kada Bouamama est un grand nom du muaythaï français, il a disputé les championnats version IFMA à plusieurs reprises et a ainsi rivalisé avec le plus haut niveau mondial.

En quoi te considères-tu davantage comme un éducateur sportif que comme un coach de Boxe ?

Parce que je me fous littéralement des résultats sportifs si je n’ai pas pu faire avancer l’homme. Je peux te donner des exemples précis, avec le très doué Kevin Kandem, qui était un pratiquant appelé à un bel avenir en tant que nakmuay, il avait boxé et battu l’excellent Susperregui dont tout le monde connait les qualités.  Et bien ce garçon n’a aucun regret, il a priorisé sa vie familiale et professionnelle, alors que crois moi, il aurait pu aller bien plus loin. On notera aussi que notre école de muaythaï a la particularité de ne pas conduire un combattant en classe « A » tant qu’il n’a pas tout remporté dans les niveaux inférieurs. Donc oui, ça semble exigeant et un peu rigide, mais l’équipe actuelle est plutôt fière de voir passer les anciens au club, qui ont bien réussi et ce sur tous les plans ! L’autre exemple de Kada Bouamama, qui n’a pas eu la reconnaissance liée à ses très bons résultats sur les compétitions internationales IFMA, est bon à citer : cet athlète a vécu le plus haut niveau en muaythai, tout en continuant ses études en informatique. Je pense qu’il est aussi fier de son job actuel que des médailles obtenues, et crois moi, boxer des mecs comme Artem Levin en ne s’entrainant que 4 à 5 fois par semaine, ce n’est pas donné à tous ! Ma seule ambition est en réalité de fournir un même suivi, au débutant qui apprend à mettre un middle kick correct, qu’au jeune passionné qui vaut à tout prix faire du combat. Si cela fait de moi un prof atypique, pas de problème, j’accepte !

Dans le contexte fédéral actuel un peu insondable, où peut-on te situer ?

Je suis surtout engagé aux côtés de mon sport, dans sa pratique amateur et des régions du Sud-ouest sous-représentées au niveau national, pas d’une fédération en particulier ! Néanmoins, il est vrai qu’avec Larbi Benattia, auquel on peut reconnaître une ténacité réelle, j’ai été sélectionneur et coach IFMA et j’ai participé à des sélections pour la FMDA. Je continue à œuvrer au sein de l’IFMA pour des sélections nationales, parce que je valorise le format amateur du muaythai, que je connais pour l’avoir vécu sur le ring en 2007.

Mais quels sont tes conclusions sur les querelles fédérales qui empêchent le muaythai français de prendre son essor en France ? Quels sont les acteurs que tu valorises, toi qui œuvre pour le muaythai dans ton club de longue date ?

Que dire ? Peut être que l’on a le Muaythai qu’on mérite ? Le manque de rigueur en compétitions, dès le plus jeune quand on pratique en assaut, les passes droits sportifs que certains obtiennent pour des motifs politico-sportifs qui me dépassent, c’est là de simples exemples de nos lacunes, et je m’incluse d’ailleurs dans ce constat un peu sombre… Je relève juste, pour répondre à ta deuxième question, qu’il est étonnant de ne pas savoir utiliser les compétences là où elles sont, je m’explique… Sur la seule fonction de coach, des gens doués ont fait beaucoup, je pense à des personnes comme Rodrigo Alamos, Nasser Kacem, Xavier Vacaris…ils y en a plein d’autres. Cela me parait curieux de voir qu’on pas pu faire bénéficier les équipes de France(quelque soit la fédé !) de leurs savoir-faire ou qu’ils ne se soient pas tout simplement proposés peut-être ? Il s’agit toujours des intérêts partisans, d’histoires d’égos, alors que le collectif devrait primer !

Pour clôturer cet article, ce seront les élèves et combattants reconnus de la team « Royal Naresuan Boxing » qui donneront leur point de vue sur le coach Gafary BOUSSARI :

Kada Bouamama : Champion du Monde IFMA (Bangkok 2010) classe B, Finaliste Championnat d’Europe EMF 2011 classe A – 81kg

« Gafary était vraiment un boxeur très fort, plein de ruses et de techniques. Il a battu des boxeurs de très haut niveau, sans jamais le mettre en avant, une humilité qui est un exemple. En tant que coach, il s’investit beaucoup pour les jeunes et la toute nouvelle génération. C’est aussi un coach qui a très souvent le mot juste. Le Royal Boxing ? Pour certains d’entre nous,  c’est une 2ème maison, un repère ».

Pascal Castet : champion de France 2004 et 2005 classe B, Champion de France FMDA 2010 classe  – 75 kg.

« Gafary était un bon gaucher, tactique dans sa boxe et il aime ce qu’il fait désormais en tant que coach, où il s’occupe beaucoup de l’école de Muay, en boxe éducative. Pour les plus anciens, nous sommes dans ce club depuis une vingtaine d’années, le Royal Boxing nous a beaucoup apporté. »

Bouba Saouwera :  Finaliste FMDA 2009 classe B, Finaliste FMDA 2010 classe B – 67 kg

« Gafary était un boxeur très technique, avec un coup d’oeil de fou. Un boxeur complet  avec une technique de corps à corps dont lui seul connait le secret. Il apporte beaucoup au sein du club, autant techniquement qu’humainement. Il nous transmet sa vision de la boxe et des valeurs universelles. Je peux conclure en disant que le club du Royal m’a apporté le sens du respect des autres, l’humilité et le goût de l’effort ».

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Knock Down Boxing Toulouse : Yoann Trille à bonne école.

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Par Luxo – Crédit photo : Valentine Chapuis Certains stéréotypes ayant la peau dure, il faut en interroger la pertinence régulièrement afin d’en préciser la valeur. Et des clichés réducteurs, en milieu sportif comme ailleurs, il y en a beaucoup !
Il est par exemple souvent dit que les quartiers populaires génèrent des clubs de sports de combats où l’opposition ne serait que «rugueuse», sans soucis de technicité, et qu’il y serait bien dur de s’y intégrer sans être coopté par un coach tout puissant.
Ce ramassis de bêtises n’a pas lieu d’être quand les hommes aux manettes de la structure sont sûrs d’eux et de leurs vécus, qu’ils sont devenus incontournables dans leur milieu et que se tournent vers eux des athlètes confirmés.

L’école de Mohammed BENGUENAOUI et Modibo DIARRA est de celle que l’on aime valoriser : située au coeur du quartier des IZARDS dans le Nord Toulousain, elle forge dans la discrétion de sa salle verte les grands noms de demain.
Dans ce territoire dit « prioritaire », le travail de prévention mené par la structure du KNOCK DOWN Boxing est à souligner, la culture commune toulousaine se jouant autant en sport qu’ailleurs !

Dans le cas de Yoann TRILLE, on peut citer aussi citer un autre adage qui aurait pu paraître bien éculé : « Bon sang ne saurait mentir ! ».
Il est vrai que son origine réunionnaise, son lien familial avec le double champion du Monde de SAVATE Mathieu BOUCHER et son implication au CREPS de TOULOUSE pourrait faire croire que ce jeune athlète de 24 ans à peine arrive en terrain conquis… Mais son humilité naturelle mentir les clichés !
Il a franchi avec modestie les étapes vers son premier titre national ELITE A en SAVATE Boxe Française, évoque son club et ses mentors avec respect mais aussi avec l’envie d’aller se confronter aux meilleurs.

Un palmarès solide de 39 combats et 33 victoires, des projets plein la tête et la tête sur les épaules, Yoann TRILLE prend le temps de se présenter pour HEAD KICK NEWS.

Salut Yoan et merci pour l’interview ! Avant de venir à ton actualité, fais nous part de ton vécu sportif, comment as-tu commencé les sports de combats ? Salut à tous les passionnés ! Je suis Yoann, originaire de la Réunion et ayant fait mes débuts en 2008 au SBC du Quartier Français, en suivant les traces de mon cousin, qui est un tireur de haut niveau en Boxe Française.
Je me suis tourné rapidement vers la compétition, nous avions une belle structure et je suis très attaché à mon club d’origine qui m’a donné de bonnes bases. J’ai connu avec eux de belles étapes en compétition, jusqu’aux échéances mondiales en Assauts CADETS, un bon souvenir que ce titre mondial chez les jeunes !

Comment s’est déroulé ton arrivée au CREPS / Sport Etudes de TOULOUSE ? Comme une suite logique, j’avais le lien avec Mathieu et je voyais qu’à TOULOUSE je pouvais progresser dans la structure fédérale. J’y ai fait mes débuts en Septembre 2016 et j’ai bénéficié de ce que permet le Pôle France pour se perfectionner en Savate Boxe Française.
C’était une bonne façon de me poser en métropole, avec la présence des coachs fédéraux habitués au haut niveau et j’avais aussi la chance de fréquenter certains qui sont des modèles.

Tu fais référence à Modibo DIARRA ? Oui, bien sûr ! Il venait régulièrement se préparer au CREPS, et j’ai compris que j’avais tout à gagner en évoluant à ses côtés. J’ai plutôt été performant sur mes débuts en combats avec des titres Espoirs en 2016 puis Junior en 2017, puis vice-champion du Monde Juniors.
A partir de 2019, j’ai été logiquement licencié auprès de Mohamed BENGUENAOUI au KNOCK Down Boxing, car j’ai voulu m’ouvrir aux autres disciplines. J’ai remporté la coupe de France de Kick Boxing et la coupe PACA en K1, j’ai aussi boxé en Full Contact et j’ai aussi en 2020 été champion de France en Elite B en Savate BF.
J’ai bien aimé enfin m’essayer à la SAVATE Pro, ça permet un engagement total, cette discipline me plaît bien.

DDM VALENTINE CHAPUIS / PORTRAIT DU BOXEUR YOANN TRILLE DANS SA SALLE D ENTRAINEMENT DES IZARDS AVEC SON ENTRAINEUR / BOXE FRANCAISE SAVATE

Tu as donc un certain recul dans une période compliquée, comment as-tu vécu la période du COVID 19 ? Et la situation de reprise ensuite ? J’ai clairement eu du mal à me motiver sans échéances fixes, je fonctionne au défi et je respecte mes engagements mais quand on a rien…bref, cela fût difficile, pour résumer !
Là je suis sur des choses concrètes, en lien avec ma discipline d’origine : les championnats d’Europe à Boulogne sur Mer en Septembre 2022, c’est du concret ! Je suis dans une logique compétitive au CREPS et le niveau de sparrings est élevé, les cadres fédéraux sont compétents, ils connaissent leur affaire.

Comment gères-tu ta vie professionnelle, en parallèle d’une vie sportive qui ne « paye pas les factures » ?  Comme tant d’autres jeunes qui priorisent une vie sportive, je jongle avec mes différents contrats dans le milieu de la sécurité ou de la livraison. Ceci dit, j’ai le projet de passer mon BPJEPS lors de la rentrée 2022, je me vois m’inscrire dans la durée dans ce milieu sportif, y compris à titre professionnel.
Mais pour l’instant, je veux prioriser la compétition, chaque chose en son temps…

Luxo : Quelles plus-values t’apportent ton club du KNOCK Down de Mohamed Benguenaoui ?

Mohamed a des contacts intéressants dans divers sports de combats, et je suis en confiance avec des personnalités qui ont une maitrise totale du haut niveau comme Modibo DIARRA, qui reste très en forme et m’apporte beaucoup lors de mises de gants. Mes autres partenaires (Jonathan, Anaïs, Adam) sont aussi de grands athlètes dont on entendra je pense parler, très bientôt !

Cette interview a plus de sens pour les passionnés de pieds-poings si l’on donne aussi la parole aux coachs et partenaires, à eux le mot de la fin !

Modibo DIARRA : « J’ai eu un bon feeling avec Yoann lors des mises de gants au CREPS en 2018, nos séances ensemble avait du sens car nous étions dans la même catégorie, et nos sparrings étaient enrichissants ! Mais au-delà de ça, c’est surtout son attitude irréprochable et son bon esprit qui nous a fait répondre favorablement à ses sollicitations… Il faut comprendre que Yoann a une grosse marge de progression, il est bosseur ET perfectible et c’est une chouette personne ! On bosse mieux dans ce cadre avec Mohamed, et même si le COVID a freiné son évolution, il gagne en maturité dans sa boxe, en puissance aussi. Le meilleur est clairement à venir le concernant. »

Mohamed BENGUENAOUI : « Nous avons été sollicité par Yoann et il s’est superbement intégré au groupe, en ayant fait sienne une vision d’ouverture où les échanges multi disciplines sont nombreux. Son actualité est dédiée à la Savate Boxe Française et au titre européen à la fin de l’été 2022, par la suite nous verrons bien, en tout cas il boxe désormais en PRO dans toutes les disciplines pieds-poings. C’est un garçon sain et malgré tout ambitieux, donc nous sommes investis pour sa réussite. »

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Rencontre avec Ahmed Ferradji : valeurs et transmissions à l’Apollo Sporting Club.

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Par Luxo – Photos : copyright Yann Lévy

Les amateurs de Boxes savent que, malgré la ferveur populaire qui entoure les poids lourds,   l’apanage des petites catégories de poids est bien le  punch, la  technique et l’esprit guerrier. Le sportif que nous vous présentons aujourd’hui rajoute à cela un goût certain pour le sens du beau geste. Sa tenue noire, plutôt classieuse aux couleurs de l’Apollo Sporting Club, le démarque des autres boxeurs autant que son sens du cadrage et ses impacts précis.
Coaché par Benjamin Benmoyal et Eddy Muniz, il combat en Kick Boxing et  K.1 mais s’attaque aussi au championnat Elite A en Savate Boxe Française. Dans cette discipline et dans une catégorie au niveau très relevé, on le verra contre le très doué Mathieu BOUCHER à BLAGNAC (31) ce samedi (ndlr : 3 mars). Humble et sérieux dans ses affaires, issu de la belle école du 92 dans le sillage de Richard ALVAREZ,  il sait s’entourer des meilleurs et croit en ses chances pour ne rien regretter.

Salut et merci de répondre à nos questions ! Peux-tu présenter ton parcours à nos lecteurs ? Salut à tous ! Mon parcours est celui d’un adolescent assez classique, qui avait un goût évident pour les sports d’opposition : je n’étais pas très sportif mais les seules activités intéressantes étaient selon moi le Judo ou le Karaté, ça te donne une idée de mon état d’esprit étant plus jeune…
Par la suite, j’ai eu la chance de découvrir lors d’un stage d’une semaine les sports pieds-poings, avec Richard ALVAREZ, un coach réputé et figure du « SEVRES CHAVILLE BOXE ».  J’ai bénéficié d’un relais passionné et la révélation pour ces sports s’est installée, même si j’ai dû attendre un peu pour accéder à la compétition.

Ta famille n’y était pas favorable ? On dira pudiquement que j’ai donné priorité aux études !  Sans être très turbulent, j’avais un sacré tempérament et je suis parti en internat. Par la suite néanmoins, mes débuts ont été assez sérieux et j’ai fait mon premier combat à 18 ans après six mois de salle.

Tu n’as donc jamais pratiqué en assaut éducatif, comme beaucoup de jeunes issus de la Savate Boxe Française ? Non, j’ai eu accès immédiatement à une vraie culture de combat, j’étais « piqué » par le virus, soutenu par les amis de mon club du Sevres Chaville Boxe notamment mon partenaire d’entrainement Ismael Camara, toujours dévouée a mes cotés pour m’aider dans mes préparations. Nous mettions souvent les gants et je n’ai jamais eu le goût de l’assaut : cela m’est très personnel mais je n’y voyais aucune plus-value. Et puis, les choses ne se sont pas trop fait attendre, j’ai débuté en 2011 et j’ai toujours évolué avec une pratique « multi boxes » qui nourrit ma passion du combat.

Comment s’adapte-t-on au haut niveau dans plusieurs disciplines ? On mène quelques réglages 4 semaines environ avant l’échéance, dans les faits on reste préparé et disponible tout au long de l’année.
Selon les sollicitations, on peaufine telles ou telles armes spécifiques mais sur le fond, j’ai bien saisi les fondamentaux technico-tactiques que la Boxe Française m’a apporté. Sur le placement et l’attitude, je lui dois beaucoup, comme sur le plan esthétique… même si j’adore pratiquer le Kick-Boxing et le K1 où je me lâche complètement !

Sportivement, quels sont les faits marquants de ta carrière ? Comme tous les athlètes, de grandes joies et aussi des remises en question, après une cinquantaine de combats à ce jour. J’ai perdu une finale nationale Elite A en 2017 en Savate BF contre l’excellent Yanis Goucef.
J’ai connu une phase plus complexe pour trouver des combats par la suite, sans que je n’ai réellement d’explications valables à cela. En Juin 2019, j’ai eu une opportunité de boxer au RIZIN, organisation japonaise de renom, contre leur champion des moins 57 kg, Tenshin. Pour diverses raisons, cela n’a pu se faire mais cela m’encourage sur le fait que je suis crédible au plus haut niveau international. Je l’ai d’ailleurs je crois prouvé lors de mes 2 combats contre le belge Yacine MOUTACIM lors du titre mondial ISKA Pro en K 1 en Mai 2018 et européen ISKA Pro en K 1 en novembre 2017.

Sur quoi avez-vous axé le travail avec ton équipe cette saison ?  Nous travaillons bien au quotidien avec mon équipe, nous avons le confort d’accéder à tout moment aux salles APOLLO SPORTING CLUB répartis dans Paris intramuros avec une qualité dans les installations dignes du haut niveau. Je tiens a mettre en avant l’accompagnement de la structure pour les athlètes, permettant d’allier vie professionnelle et carrière sportive mais aussi de préparer leurs reconversions. C’est aussi l’occasion pour nous à tout moment d’inviter des sparring partners à venir mettre les gants quand nous le souhaitons, de manière simple et organisée car nous aimons partager les expériences de chacun. En complément, je me rends tout les 6 mois en Thaïlande pour enrichir mes préparations à travers d’excellents échanges avec divers partenaires en particulier Anissa MEKSEN, Benoît son mari et coach ou de bons athlètes. Le Tiger MuayThai à PHUKET nous permet un entrainement optimal bénéfique à tous, c’est exigeant mais on sait ce que l’on veut. Je suis ceci dit centré sur les échéances proches, pas de projet de long terme à dévoiler pour l’instant…  Mais cela viendra !

Comment mènes-tu ce rythme d’entrainement élevé ? Tu vis de la boxe ?  Certainement pas par mes seuls combats mais oui, je vis de la boxe ou j’enseigne dans les salles parisiennes APOLLO SPORTING CLUB ou je donne environ 20 heures de cours par semaine. Je tiens à remercier Seb, Stef et Ben-j pour leur soutien inconditionnel et sans faille.


Le mot des coachs, Benjamin BENMOYAL et Eddy MUNIZ

Avec mon entraineur Richard Alvarez, nous avons accompagné Ahmed depuis son plus jeune âge, avec la préoccupation de le voir devenir quelqu’un de construit, organisé et ceci bien au delà du sport qui n’est pour nous qu’un support de travail et un moyen d’évoluer en tant que personne. Nous avons toujours eu une vision « multi boxe » dans la préparation des athlètes, en allant chercher le meilleur dans chaque discipline. Ahmed est très polyvalent et peut s’adapter à n’importe quel style de boxe pieds poings très facilement. Véritable bourreau de travail, doté d’une forte expérience pour son jeune âge, il est un combattant extrêmement bien préparé. Je tiens à souligner cette année l’arrivée dans notre équipe d’Eddy Muniz en tant que coach avec qui nous sommes ravis de collaborer. Il lui apporte au quotidien son énorme expérience afin de continuer à passer des paliers dans sa progression, dans un total esprit de dévouement. Je suis certain que nous avons une superbe équipe pour l’accompagner ensemble dans l’atteinte de ses objectifs. Plus que jamais il faut compter sur lui !


 

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octobre 2022
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