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De l’art du double projet en milieu hostile : portrait d’un étudiant boxeur.

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Par Luxo . Photos : copyright site fédéral FFKMDA, transmis par Haytam Bousmaki

Les sports de combats sont en pleine mutation en France. Il n’est donc pas leur faire offense que de dire que le Kick Boxing ou le Muaythaï ne bénéficient pas des moyens fédéraux du Football, du Judo ou des autres sports majeurs.
Ainsi, comment mener pour un boxeur pieds/poings un «  double projet » pertinent, c’est-à-dire un projet d’études allant de pair avec une carrière sportive auréolée de succès ? Nous avons voulu mettre en lumière le parcours d’un jeune combattant, qui parmi tant d’autres pratique le Kick Boxing et le « K 1 » sans négliger pour autant son avenir.Passionné de Kick-Boxing depuis des années, Haytam BOUSMAKI n’est pas de ceux qui « lâchent l’affaire » en route. Pour mieux le connaître, voir ici.
Finaliste du championnat de France « Pro » K1 en 2017 et 2018, le sociétaire du Boxing Factory de Colomiers (31) a réussi l’examen de MASTER 2 mention « Management du Sport » il y a peu. Il fera aussi partie de la sélection française qui s’envolera le 14 Octobre 2018 pour les Championnats d’Europe de Kick Boxing, à Bratislava (Slovaquie).

Salut et merci de répondre cette année encore à nos questions ! Quelle est ton actualité ? Celle d’un étudiant soulagé par l’obtention de son diplôme de Master universitaire et par la fin de sa préparation physique, après un été de sacrifices ! J’ai mené un gros travail foncier en région toulousaine et j’ai participé aux regroupements de l’équipe de France. Ce fût rude mais cela touche à sa fin, il me tarde de savoir si cela va payer.

Tu mèneras là ta première échéance à l’international ? Que peux tu dire de cette compétition WAKO à laquelle tu vas participer ? Ces Championnats d’Europe de Kick Boxing, à Bratislava (Slovaquie) constituent un moment important, j’ai senti de l’engouement et du sérieux sur le plan fédéral et j ‘ai eu le soutien de mon team de COLOMIERS.
J’ai essayé de mener des progrès sur le plan mental et de m’adapter au format WAKO, qui est différent du format Pro. A l’issue de tout cela, je compte bien reboxer en Pro en 2019 mais d’ici là, la WAKO, c’est un format de compétition particulier ! Il s’agit d’un tournoi sur des combats de trois rounds de deux minutes, à élimination directe. On y valorise le volume de boxe, le débit et cela peut me correspondre ! J’y suis préparé car j’ai un profil disons « multidisciplines » et que je croise les gants avec tout type de boxeurs.

Sur quoi avez-vous axé le travail avec l’équipe de France ? Nous avions eu un premier aperçu en Juin, lors d’un week-end de regroupement, puis nous avons finalisé les choses fin Août durant une semaine.
Des temps de tests ont eu lieu, au sac comme sur notre VMA, il m’a semblé que l’idée était d’être à fond sur chaque phase de la préparation, tant lors des assauts à thèmes que lors du travail physique. Nous avons abordé l’aspect mental ou la gestion du poids avec le staff, c’est exigeant mais cet état d’esprit me correspond bien.

Comment as-tu mené ce double projet qui sert de titre à l’article ? Un peu comme indiqué ci-dessus, j’ai acquis du fait de mon parcours personnel une mentalité particulière.
Sans entrer dans les détails, je suis passé par une fracture en 2014 donc en 2015, j’ai été contraint de pratiquer la seule Boxe Anglaise durant une saison et pour autant, je suis revenu…Je fais un parallèle sur le plan scolaire, car je suis passé par un BEP en comptabilité et certains enseignants n’auraient pas pu croire que j’irais un jour vers des études supérieures.
Ce double projet, je l’ai construit peu à peu, sans prétentions mais avec des ambitions, je crois d’ailleurs que je garderais la même perception des choses concernant mon futur emploi, cela ne marche pas si mal !

De ce groupe France de la FFKMDA, que retiens-tu ? Sur le plan global, même si je le savais déjà, je note que la dimension collective de notre préparation est parlante. Nous serons les meilleurs supporters de l’équipe de France , nous sommes là pour boxer mais aussi pour soutenir, conseiller nos compatriotes.
De façon plus personnalisable, je suis assez impressionné par le niveau chez les filles (Jérômine, Jennifer, Marie ou Delphine par exemple) et chez certains jeunes (Sofiane ou Clément par exemple). L’état d’esprit du groupe est très sain, avec des sparrings très engagés mais au final une attitude sympa entre tous.

Le mot du coach Yacouba Cissé (co entraineur du Boxing Factory avec Malik SKOU)

« Haytam est venu au club après avoir subi une défaite face à l’un des nos élèves, cela prouve que c’est quelqu’un qui sait se remettre en question pour progresser !
Il avait juste besoin d’être guidé et soutenu, car il manquait alors de confiance en lui. Notre travail a été de lui faire ouvrir les yeux sur son potentiel et ce sans changer sa boxe qui est plutôt aérienne ! Nous visions à lui apporter d’autres armes dans sa panoplie de combattant.
Il est très à l écoute et appliqué, au quotidien nous pointons les choses qui ne vont pas mais aussi ses points forts ! A son niveau, il faut décortiquer les actions, parler après les combats et déconstruire ce qui lui pose question : à force de répétition et d’écoute de notre part, il a pris confiance en lui et a su s imposer en temps que leader au sein du team du «  Boxing Factory ».

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Rencontre avec Ahmed Ferradji : valeurs et transmissions à l’Apollo Sporting Club.

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Par Luxo – Photos : copyright Yann Lévy

Les amateurs de Boxes savent que, malgré la ferveur populaire qui entoure les poids lourds,   l’apanage des petites catégories de poids est bien le  punch, la  technique et l’esprit guerrier. Le sportif que nous vous présentons aujourd’hui rajoute à cela un goût certain pour le sens du beau geste. Sa tenue noire, plutôt classieuse aux couleurs de l’Apollo Sporting Club, le démarque des autres boxeurs autant que son sens du cadrage et ses impacts précis.
Coaché par Benjamin Benmoyal et Eddy Muniz, il combat en Kick Boxing et  K.1 mais s’attaque aussi au championnat Elite A en Savate Boxe Française. Dans cette discipline et dans une catégorie au niveau très relevé, on le verra contre le très doué Mathieu BOUCHER à BLAGNAC (31) ce samedi (ndlr : 3 mars). Humble et sérieux dans ses affaires, issu de la belle école du 92 dans le sillage de Richard ALVAREZ,  il sait s’entourer des meilleurs et croit en ses chances pour ne rien regretter.

Salut et merci de répondre à nos questions ! Peux-tu présenter ton parcours à nos lecteurs ? Salut à tous ! Mon parcours est celui d’un adolescent assez classique, qui avait un goût évident pour les sports d’opposition : je n’étais pas très sportif mais les seules activités intéressantes étaient selon moi le Judo ou le Karaté, ça te donne une idée de mon état d’esprit étant plus jeune…
Par la suite, j’ai eu la chance de découvrir lors d’un stage d’une semaine les sports pieds-poings, avec Richard ALVAREZ, un coach réputé et figure du « SEVRES CHAVILLE BOXE ».  J’ai bénéficié d’un relais passionné et la révélation pour ces sports s’est installée, même si j’ai dû attendre un peu pour accéder à la compétition.

Ta famille n’y était pas favorable ? On dira pudiquement que j’ai donné priorité aux études !  Sans être très turbulent, j’avais un sacré tempérament et je suis parti en internat. Par la suite néanmoins, mes débuts ont été assez sérieux et j’ai fait mon premier combat à 18 ans après six mois de salle.

Tu n’as donc jamais pratiqué en assaut éducatif, comme beaucoup de jeunes issus de la Savate Boxe Française ? Non, j’ai eu accès immédiatement à une vraie culture de combat, j’étais « piqué » par le virus, soutenu par les amis de mon club du Sevres Chaville Boxe notamment mon partenaire d’entrainement Ismael Camara, toujours dévouée a mes cotés pour m’aider dans mes préparations. Nous mettions souvent les gants et je n’ai jamais eu le goût de l’assaut : cela m’est très personnel mais je n’y voyais aucune plus-value. Et puis, les choses ne se sont pas trop fait attendre, j’ai débuté en 2011 et j’ai toujours évolué avec une pratique « multi boxes » qui nourrit ma passion du combat.

Comment s’adapte-t-on au haut niveau dans plusieurs disciplines ? On mène quelques réglages 4 semaines environ avant l’échéance, dans les faits on reste préparé et disponible tout au long de l’année.
Selon les sollicitations, on peaufine telles ou telles armes spécifiques mais sur le fond, j’ai bien saisi les fondamentaux technico-tactiques que la Boxe Française m’a apporté. Sur le placement et l’attitude, je lui dois beaucoup, comme sur le plan esthétique… même si j’adore pratiquer le Kick-Boxing et le K1 où je me lâche complètement !

Sportivement, quels sont les faits marquants de ta carrière ? Comme tous les athlètes, de grandes joies et aussi des remises en question, après une cinquantaine de combats à ce jour. J’ai perdu une finale nationale Elite A en 2017 en Savate BF contre l’excellent Yanis Goucef.
J’ai connu une phase plus complexe pour trouver des combats par la suite, sans que je n’ai réellement d’explications valables à cela. En Juin 2019, j’ai eu une opportunité de boxer au RIZIN, organisation japonaise de renom, contre leur champion des moins 57 kg, Tenshin. Pour diverses raisons, cela n’a pu se faire mais cela m’encourage sur le fait que je suis crédible au plus haut niveau international. Je l’ai d’ailleurs je crois prouvé lors de mes 2 combats contre le belge Yacine MOUTACIM lors du titre mondial ISKA Pro en K 1 en Mai 2018 et européen ISKA Pro en K 1 en novembre 2017.

Sur quoi avez-vous axé le travail avec ton équipe cette saison ?  Nous travaillons bien au quotidien avec mon équipe, nous avons le confort d’accéder à tout moment aux salles APOLLO SPORTING CLUB répartis dans Paris intramuros avec une qualité dans les installations dignes du haut niveau. Je tiens a mettre en avant l’accompagnement de la structure pour les athlètes, permettant d’allier vie professionnelle et carrière sportive mais aussi de préparer leurs reconversions. C’est aussi l’occasion pour nous à tout moment d’inviter des sparring partners à venir mettre les gants quand nous le souhaitons, de manière simple et organisée car nous aimons partager les expériences de chacun. En complément, je me rends tout les 6 mois en Thaïlande pour enrichir mes préparations à travers d’excellents échanges avec divers partenaires en particulier Anissa MEKSEN, Benoît son mari et coach ou de bons athlètes. Le Tiger MuayThai à PHUKET nous permet un entrainement optimal bénéfique à tous, c’est exigeant mais on sait ce que l’on veut. Je suis ceci dit centré sur les échéances proches, pas de projet de long terme à dévoiler pour l’instant…  Mais cela viendra !

Comment mènes-tu ce rythme d’entrainement élevé ? Tu vis de la boxe ?  Certainement pas par mes seuls combats mais oui, je vis de la boxe ou j’enseigne dans les salles parisiennes APOLLO SPORTING CLUB ou je donne environ 20 heures de cours par semaine. Je tiens à remercier Seb, Stef et Ben-j pour leur soutien inconditionnel et sans faille.


Le mot des coachs, Benjamin BENMOYAL et Eddy MUNIZ

Avec mon entraineur Richard Alvarez, nous avons accompagné Ahmed depuis son plus jeune âge, avec la préoccupation de le voir devenir quelqu’un de construit, organisé et ceci bien au delà du sport qui n’est pour nous qu’un support de travail et un moyen d’évoluer en tant que personne. Nous avons toujours eu une vision « multi boxe » dans la préparation des athlètes, en allant chercher le meilleur dans chaque discipline. Ahmed est très polyvalent et peut s’adapter à n’importe quel style de boxe pieds poings très facilement. Véritable bourreau de travail, doté d’une forte expérience pour son jeune âge, il est un combattant extrêmement bien préparé. Je tiens à souligner cette année l’arrivée dans notre équipe d’Eddy Muniz en tant que coach avec qui nous sommes ravis de collaborer. Il lui apporte au quotidien son énorme expérience afin de continuer à passer des paliers dans sa progression, dans un total esprit de dévouement. Je suis certain que nous avons une superbe équipe pour l’accompagner ensemble dans l’atteinte de ses objectifs. Plus que jamais il faut compter sur lui !


 

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Passion Pieds Poings : Portrait de Clément Nisole

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Par Luxo – Photos : copyright Tonino Crapiz – Antoine Jahier

Fight Infos met en lumière des athlètes dont les qualités pugilistiques sont reconnues ou en devenir. Dans les clubs où le travail de formation se mène pour accéder au plus haut niveau, l’ambiance est saine et le coach sait où il va : il n’est donc pas rare que plusieurs noms de champions apparaissent dans une seule structure… Au team « Double Impact » de Saintes, Brahim Hanafi a pu faire valoir les bons résultats de sa protégée Delphine Guénon. La méthode de travail de Brahim bénéficie à d’autres champions et Clément NISOLE, actuel champion de France PRO des – 60kg, fait peu à peu connaître son nom.
De l’avis général, il gagne à être connu et programmé plus souvent sur les rings. Nous engageons nos lecteurs à découvrir cet athlète opiniâtre et conquérant mais aussi d’une attitude sportive irréprochable. Une preuve supplémentaire que la formation du sportif déteint sur l’homme et que les sports d’opposition forment le corps autant que l’esprit.

Salut Clément, peux-tu te présenter en quelques mots ? On va surtout parler de ma passion pour les sports de combats ici, donc restons sur les thèmes sportifs ! Après 7/8 ans de pratique du Football, j’ai essayé au hasard la Boxe Pieds-Poings lorsque j’avais 16 ans, déjà au Team Hanafi.
On peut dire que j’avais une belle hérédité, mon père ayant boxé dans les années 90 face à divers athlètes reconnus (Zankifo, Soncourt…). Peut être est-ce en lien avec cette histoire sportive et familiale, mais en tout cas j’ai eu un vrai coup de foudre pour ces sports ! J’ai totalement décroché du foot et six mois après mes débuts, j’ai débuté en Light Contact.
J’ai surtout fait mes armes en attendant l’accès au plein contact, que j’ai pu découvrir chez Philippe AMAT, un organisateur expérimenté et reconnu en Sud Ouest. Disons juste que je n’étais pas des plus brillants en assaut, c’était dur de ne pas se faire reprendre par les arbitres.

Tu as donc commencé par le Full Contact ? Oui, comme l’ensemble de mon team mais nous étions alors en train de nous diriger vers le K.1 et le Kick Boxing, en essayant dans les années 2012/2015 de trouver des dates malgré les difficultés fédérales de l’époque. J’ai un bon souvenir de cette période et d’une participation aux championnats d’Europe WAKO en Full Contact, même si le format amateur en 3 rounds de 2 minutes ne me convient pas du tout. J’ai par le biais de l’Equipe de France vécu de belles rencontres, humaines et sportives. Les sparrings dans les regroupements sont de haut niveau, il faut clairement y gagner sa place.

Par la suite, que s’est-il passé pour toi ? J’ai avant toute chose préparé mon avenir via ma licence professionnelle comme Responsable de Distribution. J’ai la chance d’avoir affaire à un supérieur et une enseigne compréhensive par rapport à ma charge d’entrainement : merci au passage à Laurent CASAMIA qui soutient mon investissement sportif. Parallèlement, on s’est dirigé avec mon coach vers le format « Pro », qui me correspond davantage et j’ai consenti des efforts majeurs en préparation physique, une « spécialité » dira-t-on de Brahim.

Quelle forme cela prend il ? Sur certaines périodes, il faut être très organisé pour tenir le pari des deux entrainements journaliers. La réussite tient aussi aux efforts menés sur la nutrition, je profite de l’article pour remercier Dimitri Lamy qui me suit avec réussite sur ce point : je me suis senti puissant et endurant en -60kg, notamment lors de l’obtention du titre national.

Contre Sofiane MEDDAR, peux tu en parler en détails ? Il faut comprendre sur mon troisième combat Pro quels étaient les enjeux …Notre combat a retenu l’attention de la FFKMDA, lors du CAPITAL FIGHT et c’était un contexte particulier, car je boxais à la Halle Carpentier là où mon père boxait quelques décennies plus tôt.
Pour autant, je n’ai pas ressenti de pression malvenue, j’avais juste à cœur de faire briller notre dynastie de frappeurs, et le « game plan » était bien pensé, nous avions abordé les limites de mon adversaire et je savais comment l’emporter.
J’ai mis à profit une préparation physique intense, avec le soutien majeur de Malik Khadimi, qui lui aussi m’apporte beaucoup sur les questions technico-tactiques. Mon gros combat a démontré que le trio entre lui, Brahim et moi fonctionne bien…

Comment expliquer les bons résultats de ton club chez les Pro ? La structure a su relayer une bonne synergie régionale, les autres clubs n’hésitent pas à venir mettre les gants dans notre belle salle, très accueillante mais où l’ambiance est toujours au travail.

Que peut-on te souhaiter à l’avenir ? Me permettre d’accéder à ce qui me fait vibrer : être un outsider prêt à bouger les classements et donc…faire face à tous les défis sportifs ! Je vis ce sport comme un challenge, je sais que j’ai encore de quoi me surpasser sur les rings, pour mon plaisir et celui du public.


Les mots du coach Brahim Hanafi

Clément est passé par toutes les étapes nécessaires pour mener à bien cette carrière sportive professionnelle aujourd’hui. On a connu le succès très tôt avec titre en Amateur, Coupe de France mais on a connu des échecs qui l’ont fait grandir et nous ont permis d’aller chercher ce titre chez les Pro… Il est sérieux, respectueux, à l’écoute et ne triche pas, une détermination sans faille, je suis fier du boxeur qu’il est devenu aujourd’hui. Nous pouvons avoir de grandes ambitions avec le travail qu’il fournit et son mental.


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