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De la pratique à la théorie : portrait de Raphael CHAPELLE

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En lien avec des passionnés, coachs, athlètes combattants de toutes disciplines, LIDF ne promotionne personne : toutes les vérités sont bonnes à dire, aucun parcours n’est exemplaire, rares sont les fédérations ou promoteurs qui n’ont pas commis des erreurs… Toutefois, les rédacteurs du site évoluent dans le milieu pugilistique français d’assez longue date pour arrêter quelques impressions positives et, lorsqu’il s’agit de trouver un thème à aborder, de se tourner vers des personnes reconnues pour leur savoir faire.
Aujourd’hui, via le portrait de Raphaël CHAPELLE (Boxing Club Montalbanais, 82), nous souhaitions vous amener à découvrir un parcours de vie où l’activité sportive confine à une éthique et un véritable mode de vie.
S’il a été dit que la Savate Boxe Française est pour certains « le seul art martial européen », alors c’est bien d’un maître dont nous parlerons…
Titulaire du Brevet d’Etat 2èm Degré de Savate Boxe Française, Brevet d’Etat de Boxe Anglaise, Moniteur de Savate Défense, il est aussi Entraineur National Adjoint de l’Equipe de France de Savate. De ces qualifications, le garçon retire une vraie réflexion sur son sport et sur les activités physiques et sportives. Sports d’endurance, préparation mentale, pratique de l’assaut comme du combat, sans prétentions mais avec passion Raphael CHAPELLE évoque son parcours pour, au cœur de l’intersaison, trouver toutes les raisons de s’entrainer dur pour préparer la rentrée sportive !

raph chapelleQuel est ton vécu pugilistique exact ? Qu’est ce qui t’a conduit à intégrer après ta carrière l’enseignement puis plus tard l’encadrement de l’équipe de France de Savate BF ?

J’ai débuté la savate comme souvent par un heureux hasard : une pratique en UNSS de boxe anglaise, un déménagement dans un bourg où seule la Savate B.F était présente et un ami surmotivé ont forcé le destin !
Le club de Chevigny St Sauveur de la périphérie Dijonnaise et Yves Vincent que je suivrais dans la création du club de Quetigny, en 1988, m’ont accueilli et dirigé en janvier 1987. Après tout s’enchaine assez vite, 1er assaut en mars 1987, 1er stage en aout 87 (Vichy), Gant d’Argent Technique en 1988 et GAT 2ème dégré en 1989. En parallèle je passe les tests pour rentrer au Centre permanent d’entrainement et de formation de vichy sous la houlette de Marc Bregere, j’y serais résident jusqu’à mai 1992.
Durant cette période je serais vice-champion de France juniors et finaliste de la coupe de France de style dans la catégorie super léger.La spécificité du C.P.E.F permettait de poursuivre ses études ou de suivre le cursus de formation Brevet d’Etat d’Educateur Sportif : je me suis engagé dans cette voie et j’ai décroché 2 Brevet d’Etat 1er degré, un en Savate, l’autre en Activité Physique pour tous et un Brevet de Sauveteur aquatique. Je fais ensuite une longue pause consécutive à un service militaire de 22 mois au 27éme Bataillon de chasseur alpin d’Annecy
Officiellement je reprends la compétition en 1996 et je rencontre Pascale Soncourt qui me propose la formation BEES 2ème degrés de Savate et d’intégrer ce qui sera l’équipe technique fédérale, (notamment avec Christophe Neuville).
Les années 96 et 1997 me voient remporter les titres de la Coupe de France de Style a cette période je suis mon propre entraineur et en terme d’entrainement nous ne sommes que 2 compétiteurs dans ma structure (le bonjour amical à Cédric Faydi qui boxe alors avec moi !).
Je me rapproche alors de l’entraineur toulousain Franco Di Guglielmo puis pour préparer le championnat Honneur, je participe en parallèle au championnat de Kick Boxing que je gagne en classe B à Marseille : pour être sûr d’avoir des adversaires je suis inscrit dans deux catégories en -de 75kg et – de 79kg !

Nathalie Barril Liot et Raphael Chapelle

Nathalie Barril Liot et Raphael Chapelle

En 2000, je suis obligé de faire le choix entre le championnat honneur et le championnat technique avec la 1er Coupe du Monde « Assauts » qui se profile : j’opte pour l’objectif international et remporte cette compétition.
Suite à l’obtention du Brevet d’Etat 2ème degré, j’ai continué à m’occuper du club de Montauban et de Cahors, j’ai aussi intégré un Centre Educatif Renforcé puis un Centre Educatif Fermé en tant que professeur d’EPS.

Tout cela impulse une dynamique et une reconnaissance locale, certiains des athlètes que je forme sont récompensés d’un statut de sportif de haut niveau, quelques uns intègrent le Pôle France de Toulouse. Mon expérience de la préparation mentale (méthode énergétique global du corps) m’a permis de me spécialiser dans cette discipline et ainsi de conduire des séances orientées pour les compétiteurs.
J’ai toujours cherché a développé ce qu’on appelle aujourd’hui le « double projet » des athlètes de haut niveau : une carrière sportivement et un objectif professionnel, je pense que ça reste pour moi une grande réussite !

Comment as tu construit ton parcours sportif post combats ? Quelles sensations as tu trouvées en Trail / VTT, etc… ?

L’articulation de ces activités avec la pratique de la boxe s’est imposée naturellement, étant mon seul entraineur pendant 2 années et avec un nombre restreint de sparrings (de bonne qualité mais peu nombreux), j’ai cherché à contourner le problème et à trouver un substitut de préparation.
Mes deux années chez les chasseurs alpins ont développé un goût pour l’alpinisme et les sports de pleine nature. Tout naturellement je me suis servi de ce que je connaissais et je l’ai adapté (peut être pas dans les règles de l’art de la préparation scientifique)…mais de façon à ne pas me dégouter de la pratique boxe, tout en travaillant physiquement et psychologiquement.
Il m’est arrivé de partir sur des treks seuls mais je préfère la pratique de groupe. Le trail est une pratique que je découvre et j’y suis arrivée plus par défi que par réflexion analytique ! Même si on peut jouer le chrono à son niveau de pratique sur des petites distances, je reste dans la finalité où on passe la ligne en groupe dans les grands défis.
Par contre le VTT, la randonnée montagne, le ski de randonnée ont toujours fait partie de ma préparation : c’est un moyen de sortir de la salle de boxe, de partager des moments différents. A l’arrêt de la compétition, ce sont des pratiques qui étaient déjà ancrées dans mon mode de fonctionnement.Remarquons bien que les sport de pleine nature et les boxes ont pour points communs la prise de risque et la mise en danger de son intégrité physique !
On retrouve là des sensations et des émotions proches si on pratique en groupe… Un coach doit avoir une confiance établie avec les boxeurs et partir sur une course montagne encordée avec une ou deux autres personnes nécessite aussi une confiance établie. Dans tous les cas, on doit fonctionner avec une forme de symbiose, on compte les uns sur les autres.
Ensuite, pourquoi un boxeur monte sur ring, pourquoi on gravit une montagne… je ne sais pas ! Mais pourquoi ne le ferait-on pas si on en retire une satisfaction intrinsèque !

raph chapelle , margot bouyjou, christophe neuville

raph chapelle , margot bouyjou, christophe neuville

Quelle perception as tu des sports de salles et/ou de la musculation ? Est ce devenu un apport incontournable pour un coach en sports de combats ?

C’est une question intéressante et polémique ! Certains diront que c’est incontournable d’autre diront que l’on peut s’en passer a minima. Pour ma part je répondrai par une réponse de normand : « oui c’est devenu incontournable de se préparer, non la salle de musculation n’est pas incontournable. »
Le paramètre essentiel reste l’athlète : l’entraîneur a une multitude d’outils qu’il peut utiliser en fonction du moment, de l’individu, de son objectif…. Et souvent il est confronté à des modes ! L’histoire nous apprend que des préparations du début du XXème siècle (souvent dépourvues de fondement scientifique) sont considérées comme inappropriées de leur temps… mais actuellement utilisées et reconnues par le monde scientifique !
Je pense qu’en matière de préparation, il faut savoir garder une certaine distance permettant d’inclure le paramètre humain dans sa globalité (voir ses motivations, ses intérêts, ses appétences…).
Nous sommes aussi dans un sport à catégorie de poids où le travail avec des charges peut provoquer une prise de masse et par incidence obliger l’athlète à s’astreindre à un régime alimentaire qui peut à son tour avoir un impact sur les capacités musculaires…. L’entraineur doit adapter l’ensemble de ses outils en fonctions de l’athlète.

En vulgarisant tes connaissances, que conseillerais tu pour l’été à un pratiquant de sports de combats qui voudrait performer ensuite sur l’ensemble de la saison ? Quelles les bases selon toi d’une planification réussie ?

Je reprends ce que j’ai dit plus haut, l’important pour moi reste l’athlète, son environnement socioprofessionnel et l’objectif à atteindre.
Pour un athlète qui souhaite performer sur un championnat national avec un objectif en Mai /Juin, j’orienterai le sportif vers une pratique synergique voir ludique. Cette activité à double entrée augmentera la capacité de l’athlète sur un domaine précis physiologique (endurance, résistance) en pariant sur ce que l’on appelle les « bénéfices retardés » à plus ou moins 4 mois et vérifiables par test simple.
Je proposerais des pratiques avec un faible pourcentage de risques de blessures et qui pourraient renforcer la relation « entraineur /entrainé », sans pour autant tomber dans un forme de dépendance psychologique, une fois par semaine.
Dans le même temps on pourrait travailler sur de nouveaux apprentissages techniques ou technico tactiques avec un module permettant à l’athlète de s’autonomiser dans ces domaines, 1 à 2 séances semaine.
En 3ème temps une analyse vidéo permettant de faire le lien entre ces préparations et la préparation mentale, qui peut être articulé avec la séance précitée.Comme je l’ai dit, la préparation réussie est une préparation où on inclut l’athlète au centre du cycle, en prenant en compte en priorité les éléments impondérables : « Qui il est ? Ce qu’il veut ? Sa disponibilité ? Son activité professionnelle ? »
Ensuite on peut appliquer une recette quasi toute faite si on peut garder à l’esprit que l’on ne maitrise jamais tous les paramètres et que par conséquence une préparation physique idéale peut être un coup de chance ou utopique, mais ce qui est sûr c’est qu’elle produit de la performance ! Retenons qu’une bonne préparation prévoit de combler les points faibles et d’améliorer les points forts mais surtout de permettre diverses prises de conscience à l’athlète.
Enfin, la préparation mentale reste un point important. Dans une préparation globale on pourrait rapidement oublier l’enjeu et la mise en danger de son intégrité physique : je pense sincèrement que nous sommes loin des prémices d’une compréhension globale des paramètres cognitifs et associés. Et souvent par ignorance ou par méconnaissance, on a tendance à délaisser cette préparation spécifique.

raph chapelle , margot bouyjou

raph chapelle , margot bouyjou

La préparation mentale semble être le parent pauvre du coaching sportif, peux-tu nous en parler ?

En tant que praticien en « méthode énergétique globale du corps » j’ai été interpellé par des athlètes qui souhaitaient soit mieux se connaitre soit travailler sur la maitrise de leurs émotions. J’ai donc dépassé le cadre des sports de combats et même du sport. Ce paramètre interpelle aussi le monde de l’entreprise et de l’enseignement.
Comme je le soulignais, ce n’est pas un parent pauvre mais un parent peu connu ou méconnue. On pourrait citer un nombre considérable de personne qui suite à une incapacité ont développé des adaptations physiologiques… Cela est riche d’enseignements, et on voit là que la préparation mentale peut servir, puisque c’est bien ta question !
Comme je la propose ce n’est pas seulement une recette applicable à tous, c’est avant tout un moyen de se connaitre, d’admettre ensuite puis on travaille sur le fond en « alignant » le physique et le mental. Les émotions (la peur, la confiance…) peuvent être soit motrice soit inhibitrice.
L’esprit peut quant à lui être le réservoir d’une incroyable source de compétences souvent ignorées. En débloquant les verrous inhérents aux blocages émotionnels , on pourrait réellement optimiser une préparation physique.
Une des problématiques de la préparation mentale réside dans le fait même que l’on associe cela soit avec une faiblesse humaine soit à du mysticisme… Beaucoup de préparation mentale font référence à la médecine chinoise ou à la philosophie de vie et cela n’est pas malheureusement quantifiable en terme de « bénéfices », les uns attendent un « miracle » les autres s’interrogent sur une pratique « placebo ».
Ce qui est observable c’est que depuis peu le haut niveau y a recours et que même sans test, il est vérifiable que la préparation mentale semble produire de la performance.

En lien avec le thème précédent, quels sont les entraineurs qui ont marqué ton parcours ? Ceux qui ont nourri tes réflexions sur le sport ?

Yves Vincent qui restera le premier entraineur, celui que l’on a l’impression de tromper quand on va dans un autre club, qui dépasse le cadre de la salle et que l’on consulte pour des affaires privées. Avec ceux là, la relation développée et de l’ordre de la symbiose, sans pour autant tomber dans la dépendance affective. Celui sans qui rien n’aurait commencé et qui est à l’origine de tout, un membre de la famille par reconnaissance ou comme le décrivent les plus spirituels un esprit frère.
Marc Bregere, qui m’a marqué par sa simplicité d’enseignement, son implication et une incroyable humanité. Un entraineur qui pour moi avait bien15 ans d’avance sur la globalité de l’enseignement de la performance.
Franco Di Guglielmo : il a la capacité à visualiser l’athlète en terme de performance, à déterminer une adaptation de son enseignement dans ses moindres détails, toujours à l’écoute toujours disponible et d’une incroyable précision, avec une grande pugnacité.
Je mentirais si j en ‘ajoutais pas que j’ai été marqué par l’encadrement fédéral et plus précisément de l’équipe de France Assaut, ainsi que par ma rencontre avec Pascale SONCOURT.

En ce qui concerne ce professeur passionné, il paraissait utile de finir avec le point de vue d’un élève !
Merci à Yoann PIGE (Quintuple champion de France Militaire, Champion D’Europe et Champion de France Technique 2013 et membre de l’équipe de France) qui a écrit quelques lignes à propos de son coach : « Raphael te demande avant tout de réfléchir. Il te donne des clefs, et il t’apprend à t’en servir : pour lui, un bon boxeur c’est celui qui s’adapte à ses adversaire et qui un jour peut boxer sans son coach. L’avoir dans son coin, ce n’est pas de tout repos mais il a un oeil qui vaut de l’or. Ce qui me parait marquant, c’est qu’il met à la même enseigne tous ses élèves, coach avec le même intérêt un cadet en assaut ou une finale internationale : il s’adapte à chaque fois à son élève.
Il met aussi l’ambiance en compétition, avec lui c’est de grand moment. de rires en dehors des gymnases mais beaucoup de professionnalisme dès que l’on en passe la porte. Mon plus beau souvenir avec lui reste ma finale des Championnats d’Europe en Bulgarie en 2013, un adversaire compliqué et un titre à l’issue, une récompense pour moi mais aussi pour lui car c’est clairement un travail d’équipe que nous avons mené. Je ne peux plus m’entrainer avec lui car j’ai du déménager sur Paris pour le travail mais je le remercie pour le parcours fait ensemble. Je ne dois pas être le seul à penser cela de lui car en équipe de France, tous les entraîneurs sont bons mais quand il y a des leçons individuelles, on a intérêt à faire la queue car les boxeurs aiment passer entre ses paos ! »

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Rencontre avec Ahmed Ferradji : valeurs et transmissions à l’Apollo Sporting Club.

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Par Luxo – Photos : copyright Yann Lévy

Les amateurs de Boxes savent que, malgré la ferveur populaire qui entoure les poids lourds,   l’apanage des petites catégories de poids est bien le  punch, la  technique et l’esprit guerrier. Le sportif que nous vous présentons aujourd’hui rajoute à cela un goût certain pour le sens du beau geste. Sa tenue noire, plutôt classieuse aux couleurs de l’Apollo Sporting Club, le démarque des autres boxeurs autant que son sens du cadrage et ses impacts précis.
Coaché par Benjamin Benmoyal et Eddy Muniz, il combat en Kick Boxing et  K.1 mais s’attaque aussi au championnat Elite A en Savate Boxe Française. Dans cette discipline et dans une catégorie au niveau très relevé, on le verra contre le très doué Mathieu BOUCHER à BLAGNAC (31) ce samedi (ndlr : 3 mars). Humble et sérieux dans ses affaires, issu de la belle école du 92 dans le sillage de Richard ALVAREZ,  il sait s’entourer des meilleurs et croit en ses chances pour ne rien regretter.

Salut et merci de répondre à nos questions ! Peux-tu présenter ton parcours à nos lecteurs ? Salut à tous ! Mon parcours est celui d’un adolescent assez classique, qui avait un goût évident pour les sports d’opposition : je n’étais pas très sportif mais les seules activités intéressantes étaient selon moi le Judo ou le Karaté, ça te donne une idée de mon état d’esprit étant plus jeune…
Par la suite, j’ai eu la chance de découvrir lors d’un stage d’une semaine les sports pieds-poings, avec Richard ALVAREZ, un coach réputé et figure du « SEVRES CHAVILLE BOXE ».  J’ai bénéficié d’un relais passionné et la révélation pour ces sports s’est installée, même si j’ai dû attendre un peu pour accéder à la compétition.

Ta famille n’y était pas favorable ? On dira pudiquement que j’ai donné priorité aux études !  Sans être très turbulent, j’avais un sacré tempérament et je suis parti en internat. Par la suite néanmoins, mes débuts ont été assez sérieux et j’ai fait mon premier combat à 18 ans après six mois de salle.

Tu n’as donc jamais pratiqué en assaut éducatif, comme beaucoup de jeunes issus de la Savate Boxe Française ? Non, j’ai eu accès immédiatement à une vraie culture de combat, j’étais « piqué » par le virus, soutenu par les amis de mon club du Sevres Chaville Boxe notamment mon partenaire d’entrainement Ismael Camara, toujours dévouée a mes cotés pour m’aider dans mes préparations. Nous mettions souvent les gants et je n’ai jamais eu le goût de l’assaut : cela m’est très personnel mais je n’y voyais aucune plus-value. Et puis, les choses ne se sont pas trop fait attendre, j’ai débuté en 2011 et j’ai toujours évolué avec une pratique « multi boxes » qui nourrit ma passion du combat.

Comment s’adapte-t-on au haut niveau dans plusieurs disciplines ? On mène quelques réglages 4 semaines environ avant l’échéance, dans les faits on reste préparé et disponible tout au long de l’année.
Selon les sollicitations, on peaufine telles ou telles armes spécifiques mais sur le fond, j’ai bien saisi les fondamentaux technico-tactiques que la Boxe Française m’a apporté. Sur le placement et l’attitude, je lui dois beaucoup, comme sur le plan esthétique… même si j’adore pratiquer le Kick-Boxing et le K1 où je me lâche complètement !

Sportivement, quels sont les faits marquants de ta carrière ? Comme tous les athlètes, de grandes joies et aussi des remises en question, après une cinquantaine de combats à ce jour. J’ai perdu une finale nationale Elite A en 2017 en Savate BF contre l’excellent Yanis Goucef.
J’ai connu une phase plus complexe pour trouver des combats par la suite, sans que je n’ai réellement d’explications valables à cela. En Juin 2019, j’ai eu une opportunité de boxer au RIZIN, organisation japonaise de renom, contre leur champion des moins 57 kg, Tenshin. Pour diverses raisons, cela n’a pu se faire mais cela m’encourage sur le fait que je suis crédible au plus haut niveau international. Je l’ai d’ailleurs je crois prouvé lors de mes 2 combats contre le belge Yacine MOUTACIM lors du titre mondial ISKA Pro en K 1 en Mai 2018 et européen ISKA Pro en K 1 en novembre 2017.

Sur quoi avez-vous axé le travail avec ton équipe cette saison ?  Nous travaillons bien au quotidien avec mon équipe, nous avons le confort d’accéder à tout moment aux salles APOLLO SPORTING CLUB répartis dans Paris intramuros avec une qualité dans les installations dignes du haut niveau. Je tiens a mettre en avant l’accompagnement de la structure pour les athlètes, permettant d’allier vie professionnelle et carrière sportive mais aussi de préparer leurs reconversions. C’est aussi l’occasion pour nous à tout moment d’inviter des sparring partners à venir mettre les gants quand nous le souhaitons, de manière simple et organisée car nous aimons partager les expériences de chacun. En complément, je me rends tout les 6 mois en Thaïlande pour enrichir mes préparations à travers d’excellents échanges avec divers partenaires en particulier Anissa MEKSEN, Benoît son mari et coach ou de bons athlètes. Le Tiger MuayThai à PHUKET nous permet un entrainement optimal bénéfique à tous, c’est exigeant mais on sait ce que l’on veut. Je suis ceci dit centré sur les échéances proches, pas de projet de long terme à dévoiler pour l’instant…  Mais cela viendra !

Comment mènes-tu ce rythme d’entrainement élevé ? Tu vis de la boxe ?  Certainement pas par mes seuls combats mais oui, je vis de la boxe ou j’enseigne dans les salles parisiennes APOLLO SPORTING CLUB ou je donne environ 20 heures de cours par semaine. Je tiens à remercier Seb, Stef et Ben-j pour leur soutien inconditionnel et sans faille.


Le mot des coachs, Benjamin BENMOYAL et Eddy MUNIZ

Avec mon entraineur Richard Alvarez, nous avons accompagné Ahmed depuis son plus jeune âge, avec la préoccupation de le voir devenir quelqu’un de construit, organisé et ceci bien au delà du sport qui n’est pour nous qu’un support de travail et un moyen d’évoluer en tant que personne. Nous avons toujours eu une vision « multi boxe » dans la préparation des athlètes, en allant chercher le meilleur dans chaque discipline. Ahmed est très polyvalent et peut s’adapter à n’importe quel style de boxe pieds poings très facilement. Véritable bourreau de travail, doté d’une forte expérience pour son jeune âge, il est un combattant extrêmement bien préparé. Je tiens à souligner cette année l’arrivée dans notre équipe d’Eddy Muniz en tant que coach avec qui nous sommes ravis de collaborer. Il lui apporte au quotidien son énorme expérience afin de continuer à passer des paliers dans sa progression, dans un total esprit de dévouement. Je suis certain que nous avons une superbe équipe pour l’accompagner ensemble dans l’atteinte de ses objectifs. Plus que jamais il faut compter sur lui !


 

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Passion Pieds Poings : Portrait de Clément Nisole

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Par Luxo – Photos : copyright Tonino Crapiz – Antoine Jahier

Fight Infos met en lumière des athlètes dont les qualités pugilistiques sont reconnues ou en devenir. Dans les clubs où le travail de formation se mène pour accéder au plus haut niveau, l’ambiance est saine et le coach sait où il va : il n’est donc pas rare que plusieurs noms de champions apparaissent dans une seule structure… Au team « Double Impact » de Saintes, Brahim Hanafi a pu faire valoir les bons résultats de sa protégée Delphine Guénon. La méthode de travail de Brahim bénéficie à d’autres champions et Clément NISOLE, actuel champion de France PRO des – 60kg, fait peu à peu connaître son nom.
De l’avis général, il gagne à être connu et programmé plus souvent sur les rings. Nous engageons nos lecteurs à découvrir cet athlète opiniâtre et conquérant mais aussi d’une attitude sportive irréprochable. Une preuve supplémentaire que la formation du sportif déteint sur l’homme et que les sports d’opposition forment le corps autant que l’esprit.

Salut Clément, peux-tu te présenter en quelques mots ? On va surtout parler de ma passion pour les sports de combats ici, donc restons sur les thèmes sportifs ! Après 7/8 ans de pratique du Football, j’ai essayé au hasard la Boxe Pieds-Poings lorsque j’avais 16 ans, déjà au Team Hanafi.
On peut dire que j’avais une belle hérédité, mon père ayant boxé dans les années 90 face à divers athlètes reconnus (Zankifo, Soncourt…). Peut être est-ce en lien avec cette histoire sportive et familiale, mais en tout cas j’ai eu un vrai coup de foudre pour ces sports ! J’ai totalement décroché du foot et six mois après mes débuts, j’ai débuté en Light Contact.
J’ai surtout fait mes armes en attendant l’accès au plein contact, que j’ai pu découvrir chez Philippe AMAT, un organisateur expérimenté et reconnu en Sud Ouest. Disons juste que je n’étais pas des plus brillants en assaut, c’était dur de ne pas se faire reprendre par les arbitres.

Tu as donc commencé par le Full Contact ? Oui, comme l’ensemble de mon team mais nous étions alors en train de nous diriger vers le K.1 et le Kick Boxing, en essayant dans les années 2012/2015 de trouver des dates malgré les difficultés fédérales de l’époque. J’ai un bon souvenir de cette période et d’une participation aux championnats d’Europe WAKO en Full Contact, même si le format amateur en 3 rounds de 2 minutes ne me convient pas du tout. J’ai par le biais de l’Equipe de France vécu de belles rencontres, humaines et sportives. Les sparrings dans les regroupements sont de haut niveau, il faut clairement y gagner sa place.

Par la suite, que s’est-il passé pour toi ? J’ai avant toute chose préparé mon avenir via ma licence professionnelle comme Responsable de Distribution. J’ai la chance d’avoir affaire à un supérieur et une enseigne compréhensive par rapport à ma charge d’entrainement : merci au passage à Laurent CASAMIA qui soutient mon investissement sportif. Parallèlement, on s’est dirigé avec mon coach vers le format « Pro », qui me correspond davantage et j’ai consenti des efforts majeurs en préparation physique, une « spécialité » dira-t-on de Brahim.

Quelle forme cela prend il ? Sur certaines périodes, il faut être très organisé pour tenir le pari des deux entrainements journaliers. La réussite tient aussi aux efforts menés sur la nutrition, je profite de l’article pour remercier Dimitri Lamy qui me suit avec réussite sur ce point : je me suis senti puissant et endurant en -60kg, notamment lors de l’obtention du titre national.

Contre Sofiane MEDDAR, peux tu en parler en détails ? Il faut comprendre sur mon troisième combat Pro quels étaient les enjeux …Notre combat a retenu l’attention de la FFKMDA, lors du CAPITAL FIGHT et c’était un contexte particulier, car je boxais à la Halle Carpentier là où mon père boxait quelques décennies plus tôt.
Pour autant, je n’ai pas ressenti de pression malvenue, j’avais juste à cœur de faire briller notre dynastie de frappeurs, et le « game plan » était bien pensé, nous avions abordé les limites de mon adversaire et je savais comment l’emporter.
J’ai mis à profit une préparation physique intense, avec le soutien majeur de Malik Khadimi, qui lui aussi m’apporte beaucoup sur les questions technico-tactiques. Mon gros combat a démontré que le trio entre lui, Brahim et moi fonctionne bien…

Comment expliquer les bons résultats de ton club chez les Pro ? La structure a su relayer une bonne synergie régionale, les autres clubs n’hésitent pas à venir mettre les gants dans notre belle salle, très accueillante mais où l’ambiance est toujours au travail.

Que peut-on te souhaiter à l’avenir ? Me permettre d’accéder à ce qui me fait vibrer : être un outsider prêt à bouger les classements et donc…faire face à tous les défis sportifs ! Je vis ce sport comme un challenge, je sais que j’ai encore de quoi me surpasser sur les rings, pour mon plaisir et celui du public.


Les mots du coach Brahim Hanafi

Clément est passé par toutes les étapes nécessaires pour mener à bien cette carrière sportive professionnelle aujourd’hui. On a connu le succès très tôt avec titre en Amateur, Coupe de France mais on a connu des échecs qui l’ont fait grandir et nous ont permis d’aller chercher ce titre chez les Pro… Il est sérieux, respectueux, à l’écoute et ne triche pas, une détermination sans faille, je suis fier du boxeur qu’il est devenu aujourd’hui. Nous pouvons avoir de grandes ambitions avec le travail qu’il fournit et son mental.


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